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Compte rendu Séminaire AFEST

02/10/18 – Paris – Vincent MOREL

Le séminaire de clôture de l’expérimentation AFEST (actions de formation en situation de travail), lancée par la DGEFP et pilotée par le COPANEF, le FPSPP et le CNEFOP avec la participation de l’ANACT s’est déroulé le 2 octobre à la Grande Crypte de Paris sous l’égide du ministère du travail.

Iccertis y était. Voici quelques éléments saillants :

I. Données générales

L’avènement de la Formation en situation de travail marque l’épilogue d’une logique séparatiste entre travail et formation. La formation en situation de travail répond à des besoins singuliers des entreprises et des personnes. Elle nécessite d’être en lien étroit avec l’écosystème de l’organisation. La cartographie fonctionnelle de l’entreprise, les flux d’informations et d’échanges avec son environnement interne et externe doivent être pris en compte. L’analyse du travail et l’ingénierie de formation sont de préalables indispensables pour déterminer les résultats attendus et les indicateurs de réussite, constituer ou inventorier les référentiels d’activité et de compétences qui serviront de référence, identifier et/ou aménager les situations de travail de sorte qu’elles soient « apprenantes » (droit à l’essai/erreur).

II. De l’ingénierie de l’ AFEST

La formation en situation de travail implique une itération entre situation de travail et situation réflexive. La didactique professionnelle est au cœur de sa pédagogie dans la mesure ou les programmes et contenus ne sont plus des préalables, mais sont constitués à l’aune d’un diagnostic partagé avec le management ; au fur et à mesure des constats dressés en situation de travail ; au gré des options retenues à l’issue des séances réflexives.

La formation en situation de travail est donc co-construite avec le soutien du chef d’entreprise (et de la hiérarchie intermédiaire) avec l’implication directe d’un référent FEST interne. En formation en situation de travail, les professionnels sont à la fois acteur et auteur de la formation, avec l’appui d’un tiers facilitant.

Il est établi que la formation en situation de travail doit obéir à une logique de parcours. Elle doit formaliser des traces attestant de la réalité d’une formation. Son évaluation terminale porte sur les compétences acquises par les professionnels, par l’observation des apprentissages effectivement réinvestis en situation de travail réelle. Ainsi peut-être mesuré le retour sur investissement affecté à la formation.

III. Déploiement de l’ AFEST

Béatrice DELAY (CNEFOP) et Fabienne CASER (ANACT) :

Pourquoi avoir expérimenté l’ AFEST ? :

« Après le constat d’un « trou dans la raquette » entre le besoin de formation et la capacité du système juridico-financier à accompagner ce modèle de Formation en situation de travail. Avec également l’idée d’aller vers le public plus éloigné de la formation. La formation entre pairs existe depuis toujours, mais n’était pas reconnue en tant que telle. Et ces pratiques n’étaient pas toujours efficaces, car pas formalisées avec des objectifs et des modalités pédagogiques.

Il existe une volonté de créer un nouveau type de formation efficace, praticable par les entreprises, et reconnue comme une véritable action de formation (comme le stage et la FOAD). Attention : l’ AFEST n’a pas vocation à substituer aux autres formats de formation. C’est une brique nouvelle, en articulation avec les autres ».

Stéphane Lardy, directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud :

« Les Opco vont jouer un rôle majeur dans l’accès aux formations en situation de travail »

Les futurs opérateurs de compétences auront un rôle majeur à jouer pour permettre aux salariés d’accéder aux « formations en situation de travail ». « Ce sera l’une de leurs nouvelles missions. Les Opco devront se pencher sur l’écosystème de l’entreprise. Il ne suffira pas de leur vendre de l’ingénierie pédagogique », prévient-t-il.

« la loi du 05 septembre 2018 pour « la liberté de choisir son avenir professionnel » simplifie la définition de l’action de formation. « L’objectif est de rendre plus souple l’organisation de la formation en entreprise. Nous serons attentifs à ne pas la rigidifier à nouveau lors de l’élaboration des décrets d’application », souligne Stéphane Lardy.

IV. Un décret pour la mi-novembre

L’article 4 du texte définit l’action de formation comme un « parcours pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel », pouvant être réalisé « en tout ou partie à distance » mais également « en situation de travail ». Les modalités d’application de ces deux derniers critères devront être déterminées par décret. Il devrait être publié à la mi-novembre.

Pour Béatrice Delay, la réglementation est une étape indispensable mais non suffisante. « Il faut trouver un juste équilibre entre l’objectif de sécurisation – pour ne pas financer des situations de production déguisées – et la souplesse indispensable », explique-t-elle. L’essor de l’ AFEST passe aussi par la production de « ressources techniques et d’argumentaires » pour les acteurs qui devront défendre cette voie de formation dans les entreprises.